Prochain reportage : à définir
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lundi 23 mars 2015

Interview de Loic Manceau

Moment tant attendu par bon nombre de coureurs, la saison route 2015 a repris ses droits le 01 Mars à Mennecy (91) par la 5ème édition de la cyclosportive Jacques Gouin et à Coulommiers (77). Thomas Kurtzemann (CM Aubervilliers) a été ainsi le premier coureur de la saison à lever les bras en Seine et Marne. Présent sur la plupart des courses de la région parisienne, Vélostar.fr s’est entretenu avec le jeune reporter sportif et ancien coureur, Loic Manceau.

Attirer des gens vers le cyclisme en compétition est de plus en plus compliqué

Crédit photo Sam Photographie
Vélostar : Loic, tu as assisté, entre autre, aux présentations des équipes du CM Aubervilliers, Team Peltrax et AS Corbeil Essonne. Selon toi, quelle équipe semble le mieux armée pour cette saison à venir ?
Loic Manceau : Il est relativement difficile de pouvoir dire si telle ou telle équipe est la mieux armée pour briller sur la saison 2015, Chacune des trois formations  franciliennes de niveau DN a un groupe de qualité, Le CM Aubervilliers 93 par exemple présente un effectif jeune mais qui a toute la saison pour apprendre au coté de l'ancien professionnel Boris Zimine. Même constat pour le Team Peltrax-CSD avec les  ex-pros Romain Lebreton, Clément Lhotellerie et Samuel Plouhinec qui apportent leur expérience au groupe. Enfin l'AS Corbeil-Essonnes a fait de son groupe un vecteur de cohésion important.

Vélostar : Et si nous devions retenir une individualité, quel coureur serait à suivre?
L.M: Il est facile de sortir du lot Fabio Do Régo (AS Corbeil-Essonnes), trois courses, trois podiums dont une victoire pour sa première saison en 1ère catégorie, qui dit mieux ? C'est surtout un coureur qui a une progression constante chaque année, Dans le même registre en 2e catégorie il y a Baptiste Bleier (Team Peltrax-CSD). Après sur une saison chacun a un pique de forme qui diffère en fonction des objectifs, les hommes de mars ne seront pas toujours ceux de septembre,  j'aimerai bien qu'un coureur chez les juniors comme Pierre Valette (EC Montgeron-Vigneux) passe un cap, de même pour Jonathan Machado (Paris Cycliste Olympique) en 3e catégorie.

Vélostar : Le cyclisme se porte bien en Ile de France chez les professionnels. Grégory Baugé, champion du monde de vitesse en février dernier et Tony Gallopin, maillot jaune et vainqueur d’étape sur Paris Nice en sont les exemples. Que conseillerais-tu pour des jeunes qui entament leur 1ère saison au sein des rangs amateurs ?
L.M : Je ne suis pas le mieux placé pour donner des conseils (sourires). Pour moi  l'essentiel est de se faire plaisir dans sa pratique de la compétition. La notion de jeune reste quand même vaste, à partir de quand considère-t-on que l'on est vieux ? La progression d'un coureur sera variable en fonction de ses objectifs et de sa motivation. Un coureur qui a de l'ambition dans ce sport devra néanmoins être consciencieux, à l'écoute de son entraineur, de ses dirigeants, de ses proches, de sa famille, tout en ne se prenant pas la tête.

Vélostar : Cyclocross, piste, quel est le meilleur moyen pour débuter la saison ?
L.M : Les deux, vous avez l'exemple d'un coureur comme Fabio Do Régo qui a couru sur piste cet hiver tout en étant performant sur la route dès le début saison, Idem pour  Matthieu Legrand ou Tanguy Turgis (US Métro-Transports) en cyclo-cross ,  qui dès leur première course en 3e catégorie se sont mis en avant. Il faut faire en fonction de ses affinités si on veut pratiquer une activité cycliste complémentaire à la route. Mais faire une coupure en touchant à d'autres pratiques sportives peut également être un bon point pour éviter la saturation et l'overdose de vélo.

Vélostar : On parle souvent de ces trois disciplines phares. Il en existe aussi des peu connues  comme le BMX, dont les deux premières manches de la Coupe de France auront lieu le week end prochain à Saint Quentin en Yvelines. Peux-tu nous parler de cette discipline ?
L.M : C'est vrai que le BMX manque quelques fois de reconnaissances médiatiques, Les personnes qui pratiquent en général le cyclisme sur route sont peu ouverts à voir ou même à essayer cette disciplines à quelques exceptions. Pourtant elle est très en vogue actuellement et il suffit simplement de regarder les effectifs chez les jeunes pour constater qu'ils sont plus conséquents dans le BMX que dans le cyclisme traditionnel. L'engouement et les mentalités y sont aussi différents  voire rafraichissants sur certains points.

Vélostar : Un mot sur le manque des courses en Ile-de-France cette année en FFC ?
L.M : Triste constat, malheureusement de voir des organisations prendre leur place dans le cimetière des courses disparues pour différentes raisons;  le cout élevé d'organisation difficilement supportable pour certains clubs, les non-autorisations préfectorales du jour au lendemain, le manque de bénévoles. Autre point, certaines courses disparaissent aussi par manque de coureurs, ces derniers privilégiant quelques fois une organisation hors d'Ile-de-France pour X raisons, aussi. Il y  a une certaine logique, au fil des années il y a de moins en moins de coureurs en 1e, 2e, 3e catégorie, juniors donc par adéquation moins de courses.

Vélostar : et sur La baisse des effectifs en 2e et 3e catégorie ainsi que chez les juniors ?
L.M : Oh oui c'est inquiétant, on ne va pas se mentir, A tout casser cette année le peloton junior doit être de 60-70 coureurs, Sur le lot combien iront ensuite garnir les rangs des équipes 1e et 2e catégorie d'Ile-de-France ? Probablement un quart voire un cinquième c'est trop peu… La 3e catégorie d'aujourd'hui est en train de devenir la 2e catégorie d'il y a quelques années et la 2e catégorie une catégorie « 2+ ». Actuellement le niveau D1 est en train de devenir ce qui devait être le niveau 3e catégorie de base avec une course au moins dans la région tous les dimanches et des pelotons fournis.

Vélostar : Tu penses qu'il pourrait y avoir des solutions  pour attirer des nouveaux licenciés ?
L.M : Il pourrait y en avoir, comme développer des formats hybrides entre la route et la piste, des sortes de  relances de piste en milieu urbain qui pourraient attirer un nouveau public, mais je ne sais pas si ce genre de format marcherait. On ne va pas se mentir, attirer des gens vers le cyclisme en compétition est de plus en plus compliqué. Soit les personnes ont débuté dans une autre discipline et ont voulu gouter au cyclisme sur route, soit elles viennent par hasard. Le cyclisme en compétition est un beau sport, une belle école de la vie, mais qui n'est pas forcément accessible à un grand nombre financièrement et puis au niveau du temps que cela engendre sur sa vie familiale, sociale et professionnelle.

Vélostar : Un mot sur les derniers Championnats du Monde à Saint-Quentin-en-Yvelines ainsi que sur la Cipale ?
L.M : Les Championnats du Monde sur piste de Saint-Quentin-en-Yvelines on été un véritable succès populaire et sportif. Avec sept médailles il n'y a pas eu vraiment de fuite dans la toiture du sous marin français (sourires). Maintenant pour le cyclisme amateur, on peut regretter qu'il n'y ait pas plus d'organisations l'hiver sur ce vélodrome. Le CSM Clamart l'avait fait avec un certain succès. On espère également le retour rapide de la Cipale en activité dans le paysage francilien. Les coureurs ont besoin de cet outil qui fait partie du patrimoine du cyclisme sur piste français tout simplement.

Vélostar : L'année commence plutôt bien aussi pour les coureurs professionnels Franciliens, non ? 
L.M : On a de la chance en Ile-de-France d'avoir des coureurs de qualité qui se mettront en évidence à un moment de la saison comme l'a fait récemment Tony Gallopin sur  le dernier Paris-Nice ou Milan-San Remo. Tous ont les moyens d'accrocher une victoire à leur palmarès dans des registres bien différents Yoann Offredo, Jimmy et Anthony Turgis sur des courses d'un jour, Kévin Reza sur des arrivées en petit comité lors d'épreuves au profil escarpé, Kenny Elissonde et Stéphane Rossetto lorsque la route s'élève un peu plus, Concernant les équipes continentales, on a vu que l'Armée de Terre et Auber 93 n'étaient pas à la rue en ce début de saison, bien au contraire, nul doute qu'ils continueront à rivaliser avec des équipes dites de rang supérieur, voire plus.

Vélostar : Que penses-tu des deux cyclosportives la Jacques Gouin et Velostar ?
L.M : C'est actuellement les deux seules cyclosportives en Ile-de-France et elles attirent toujours autant de monde, On retrouve trois profils de coureurs sur ces deux épreuves, Le compétiteur  qui veut remporter l'épreuve, le compétiteur en petite forme qui s'appuie sur la manifestation pour accumuler du rythme et  des kilomètres et le passionné de cyclisme qui veut rouler en peloton de masse tout en découvrant des paysages. Eric Ramos et sa solide équipe de bénévoles nous concoctent toujours une organisation de qualité qui j'espère perdurera dans le temps.

Pour finir, j’ai cru comprendre que tu te lancerais prochainement dans la création d’un site internet. En quoi consisterait-il ?
L.M : En effet, c'est un projet qui est en cours de réalisation, mais je ne préfère pas en dire plus pour le moment tant que rien n'est officialisé, mais on va essayer de faire quelque chose d'attractif, novateur, tout public.

Propos recueillis par Nicolas Vaucouleur

mercredi 21 janvier 2015

Interview du coureur argentin Eduardo Sépulveda (Bretagne-Séché Environnement)

Après une saison 2014 entachée par la malchance malgré  un bon début de saison sur les couses par étapes avec notamment une 6e place sur le Tour de San Luis et une 4e place sur le Tour Méditerranéen. Eduardo Sepulveda, 23 ans, sera l’homme à suivre cette saison du coté de chez Bretagne-Séché, où le grand public pourrait le découvrir pour la première fois sur le Tour de France, sa formation étant sélectionnée pour la prochaine grande boucle (4-26 juillet 2015).

« 2015 est une année importante pour moi»

Eduardo Sepulveda

Velostar Actu: Eduardo, quel bilan sportif tirez-vous de votre année 2014 ? 
Eduardo Sepulveda : Dans l’ensemble l’année 2014 a été plutot bonne pour moi, avec notamment des tops 10 sur le Tour de San Luis, le Tour Méditerrannéen  et le Critérium International. Mon véritable problème ça a été les chutes entre celle juste avant le Tour de France  sur la 1ère étape du Bayern Rundfarht et celle au Championnat du Monde où je me fracture la clavicule, je n’ai pas eu de chance de ce coté là.

VA:Je suppose que c’est vraiment le point noir de votre saison 2014, les deux chutes ?
ES : J’étais vraiment très déçu après mes deux chutes surtout avant deux rendez-vous aussi important que le Tour de France et les Championnats du Monde, mais c’est aussi comme cela que j’apprends et les chutes font également partie d’un sport comme le cyclisme, il suffit ensuite de prendre son mal en patience.

VA: Comment s'est passée votre préparation physique pour la saison2015 ? 
ES: Je suis retourné m’entraîner en Argentine, les conditions climatiques y sont plus propices qu’en Europe, surtout que c’est l’été où je suis alors qu’en France les températures sont assez froides (sourires). Je peux donc profiter du beau temps, des paysages du pays, et surtout passer du temps avec mes amis et ma famille.

VA: En quoi a-t-elle consisté ? 
ES: J’ai axé ma préparation principalement sur les courses à étapes cette saison, en faisant souvent de longues distances afin d’avoir un premier pic de forme au mois de mars, où nous avons deux courses à étapes importantes dans le calendrier, je pense notamment à Paris-Nice. 

« Le Tour de San Luis est un Tour que j’aime beaucoup »

VA : Vous reprenez cette année sur le Tour de San Luis, avec quelle motivation ?
ES: Le Tour de San Luis est un Tour que j’aime beaucoup, j’y ai d’ailleurs fait six l’année dernière, et ce n’est d’ailleurs pas pour rien que bon nombre de coureurs viennent y parfaire leur condition physique au vue des prochaines courses. C’est une course qui attire aussi beaucoup de public. Bon après, le seul problème, c’est que c’est la première course de la saison donc je ne sais pas à quel niveau je serai.

VA: Quel sera la suite de votre calendrier de course ? 
ES : Sauf changement de dernière minute, je serai présent sur l’Etoile de Besseges le 4 février avant d’enchaîner ensuite sur le Tour du Haut et la Classique Drome-Sud-Ardèche.

VA: Pratiquant la piste vous-verra-t-on sur les prochains Championnats du Monde sur le Vélodrome de Saint-Quentin-en-Yvelines ? 
ES: L’équipe argentine de poursuite est qualifiée pour les Championnats du Monde, j’ai d’ailleurs regouté à la piste cet hiver en prenant notamment la 3e place sur la course aux point sur la manche de Coupe du Monde à Londres. Après c’est une décision et une discussion qui aura lieu entre ma formation Bretagne-Séché et l’équipe d’Argentine.

VA:Que représente pour vous cette année 2015? Une année charnière, de transition ? 
ES: On ne va pas se mentir, 2015 est une année importante pour moi. L’équipe et son manager Emmanuel Hubert croient beaucoup en moi, et je veux leur rendre cette confiance à travers mon bon comportement et mes résultats.

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VA: Bretagne-Séché a beaucoup recruté à l'inter-saison, comment s'est passée l'intégration des nouveaux éléments ? 
ES: C’est vrai que l’effectif a pas mal changé cette saison avec l’arrivée de huit nouveaux coureurs et deux directeurs sportifs, cela prouve aussi que la structure évolue dans le bon sens et je veux du coup apporter ma pierre à l’édifice. On a également changé de couleur des maillots mais aussi de vélo, en roulant sur des vélos de la marque Look cette année.

VA: Quelles sont vos ambitions pour l'année 2015 ? 
ES : Pour le moment je veux bien faire sur le Tour de San Luis, après c’est sur mon objectif est de gagner ma première victoire chez les professionnelles, obtenir des tops 10 sur les courses par étape d’une semaine World Tour sur lesquelles on participera et forcément participer à mon premier Tour de France.

VA: Qu’est ce que l'on peut vous souhaiter de plus Eduardo pour 2015 ? 
ES: Principalement d’être au Tour de France et d’avoir un peu plus de réussite qu’en 2014.

Propos recueillis et traduits par Loïc Manceau

samedi 8 novembre 2014

Loic Manceau revient sur la saison 2014

Crédit photo André Derain
On le retrouve aussi bien dans les sous-bois, à proximité des spots de trial, sur le bord des routes, des pistes de BMX ou au cœur des vélodromes, Loïc Manceau, reporter sportif pour plusieurs médias régionaux a accepté de revenir pour nous sur la saison 2014 en Ile-de-France.


Avec le début de Cyclo Cross, la saison route se termine. Toi qui a suivi la plupart des courses, quel bilan peux tu en tirer ? 
L.M: A l’échelle régionale le bilan est bon dans toutes les disciplines, aussi bien en cyclo-cross avec les performances de Fabien Canal (EC Armée-de-Terre) et Sébastien Havot (Argenteuil VS95) l’hiver dernier, le titre de Champion d’Europe de Grégory Baugé (US Créteil) et la 2e place de Sébastien Vigier (EC Montgeron-Vigneux) au Championnat du Monde juniors de vitesse, sur la piste ainsi que les titres nationaux de Yann Guyot et Bruno Armirail qui symbolisent l’ultra domination d’une équipe localisée en Ile-de-France, l’Armée de Terre sur les grandes épreuves du calendrier amateurs comme l’atteste la victoire finale sur la Coupe de France DN1. Le titre national de Manon Valentino (Team Haro Bike Paris Massy) et sa 2e place au Championnat d’Europe de BMX ainsi que les performances de Théau Courtes (TC Cerny) , Kévin Aglaé (ESC Meaux) Champions de France de Trial et la constance de Vincent Hermance(ESCM) au niveau mondial sont aussi à souligner.

Et concernant les professionnels ? 
L.M: Je pense que la confirmation la plus évidente de la saison est celle de Tony Gallopin, licencié au VC Etampes, une victoire d’étape, un maillot jaune porté un jour sur le Tour de France pour le grand public ça parle et sa 6e place au Championnat du Monde sur route vient confirmer ses qualités pour les courses d’un jour. Kévin Réza , licencié à Argenteuil VS 95, qui joue un peu sur le même registre que Gallopin, a su prendre confiance en ses capacités en se montrant à son avantage sur certaines épreuves internationales. Ses deux coureurs de 26 ans ont encore une marge de progression qui leur permettra de passer un palier supplémentaire en 2015. Jimmy Turgis est aussi l’exemple du coureur professionnel qui réalise une saison néo-pro honorable tout en conscilliant ses études. Un peu plus en retrait cette année Kenny Elissonde et Yoann Offredo (FDJ.fr) ont déjà prouvé par le passé qu’ils avaient les capacités pour s’imposer sur des courses internationales et nul-doute qu’ils auront probablement le couteau entre les dents pour 2015.

Si tu devais retenir un moment qui t'a marqué, de quoi s'agirais il ?
L.M: Un moment sur une saison, c’est difficile d’en choisir, le premier c’est de voir les coureurs donnaient le maximum d’eux même aussi bien pour une première que pour une dernière place, j’ai vu des coureurs finir tous les dimanches derniers qui ont autant de mérite si ce n’est plus que certains vainqueurs, mais si je dois retenir un fait c’est le coup de bordure de Mathieu Riebel (EC Montgeron-Vigneux) et Guillaume Millasseau (Argenteuil VS 95) sur la course d’Etampes (Essonne), début octobre,ces deux coureurs en tant que junior 1 ont progressé tout au long de la saison aussi bien sur route que sur piste et seront à suivre en 2015.

Et un moment que tu souhaite oublié ? 
L.M: Il est difficile de cibler une course que l’on pourrait oublier cette saison, moi c’est surtout la baisse de plus en plus importante des pelotons de coureurs que je constate et certaines courses en sont des exemples. Faut-il avoir un sentiment régionaliste pour sauvegarder certaines organisations en Ile-de-France ? A l’avenir la route pourrait prendre le même chemin que le cyclo-cross avec qu’une organisation par week-end, ce qui arrive déjà pendant une bonne moitié de l’année. 

Et justement comment vois-tu l’avenir du vélo ?
LM: Je suis un partisan des écoles de vélo, pour moi un club cycliste doit avoir dans l’esprit une conception pyramidale de sa structure, conception qui existe de moins en moins par faute de budgets, de dirigeants ou pour d’autres raisons. Pourtant demain se prépare aujourd’hui et qui dit de moins en moins de coureurs dans les catégories de jeunes (d’école de vélo à juniors), dit également de moins en moins de coureurs dans les catégories de référence (1ère à 3e catégorie). Le cyclisme traditionnel pour moi peut encore avoir un avenir si il se modernise dans sa façon d’aborder la discipline,pourquoi ne pas développer les formats courts urbains style piste aménagée ? L’autre paradoxe se situe dans l’organisation des courses, à ce jour, devenu un parcours du combattant. On est également dans une société de plus en plus individualiste, le riverain qui va rouspéter parce qu’une course de jeunes passe une demi-journée devant chez lui par an, sera le premier à se masser sur le bord des routes pour récupérer un bob lors du passage du Tour de France. 

Avec l'inauguration du Vélodrome National, l'Ile-de-France possède un nouvel outil d'entrainement pour la piste. Pense tu qu'il peux être judicieux pour la préparation hivernal ? 
LM: Il y a déjà l’INSEP qui accueille toutes les catégories pour des entraînements collectifs à différents créneaux. Un vélodrome couvert est toujours judicieux pour préparer la saison hivernale afin de tourner les jambes à l’abri des conditions climatiques durant la période automnale, hivernale. On peut simplement regretter le manque de compétitions sur les vélodromes couverts durant cette période qui pourrait attirer et confirmer un certain public. La future réouverture de la Cipale pour 2015, sera également une bonne chose pour le cyclisme francilien et ses jeunes et moins qui redécouvriront une piste accessible à tous, et historique du paysage cycliste.

Le cyclo cross reste il la meilleure solution pour préparer 2016 ? 
LM: C’est une discipline qui a son public en Ile-de-France et qui permet de pratiquer pour une grande majorité le vélo de manière ludique, les courses départementales en sont un bon exemple ou les trois quarts n’ont pas d’ambitions sportives mais le plaisir de faire du vélo. Le cyclo-cross comme la piste sont donc des bons compromis, mais couper avec le vélo et pratiquer d’autres activités sportives comme la courses à pied, la natation, la musculation, le VTT ou même des sports collectifs peuvent aussi avoir des vertus positives pour préparer une saison cycliste. 

Tu tenais la Rubrique Radio Peloton sur le site du Comité d’Ile-de-France pourtant la rubrique n’est plus à jour depuis le numéro 10 qu’en est-il des autres numéros ? 
L.M: Le Comité d’Ile-de-France a décidé de stopper la diffusion des derniers numéros de Radio Peloton sous cette formule. Un nouveau projet, toujours en accord avec le CIF est également à l’étude afin d’être davantage dans l’instantané.

lundi 26 mai 2014

Interview de Lucie Croissant

Après le Norsemann, la jeune sudiste Lucie Croissant 26 ans va se lancer dans un nouveau défi, OtillO qui signifie en suédois d’île en île, située sur un archipel suédois le 1er septembre prochain. Il s’agit d’une course à travers les îles comprenant 10 km de natation dans des eaux entre 10 et 16 degrés et 65 km en trail qui se fait en équipe de deux, particularité de la course, elle se fait en totale autonomie. OtillO sert également de support pour les Championnats du Monde de Swimrun, discipline très présent dans les pays Nordiques.


Loic Manceau : Lucie, après le Norsemann, pourquoi ce nouveau défi ? 
Lucie Croissant : OtillO est une course qui me trottait déjà dans la tête depuis quelques années. En septembre, Jean Christophe Kunz (triathlète au TRIATHLAIX comme Lucie) m’a proposé de faire un dossier ensemble qui doit être solide pour pouvoir y participer, et entre le Norseman, les championnats du monde à Hawai, Embrun pour moi, le marathon des sables, et la préparation de la traversée de la manche à la nage pour Jean Christophe, on pouvait espérer former une équipe sympa. OtillO me tente parce qu’elle est faite de deux disciplines que j’aime beaucoup : la natation et la course à pied. On évolue en pleine nature dans des paysages incroyables et puis le défi sportif que ça représente comme le Norseman où le marathon des sables, elle fait partie des 8 courses d’endurance les plus difficiles au monde !

LM : Quelles sont où étaient les modalités pour y participer ? 
LC : La course est ouverte à 120 équipes sélectionnées au mérite (70 équipes), par tirage au sort (30 équipes) ou par qualification sur deux courses partenaires (Utö et Engadin ) (environ 20 équipes). Avec Jean Christophe, nous avons eu la chance d’être sélectionnés au mérite, donc grâce à nos performances sportives. Nous sommes d’ailleurs la seule équipe française à avoir été prise sur dossier !

LM : Quelle est ta préparation actuellement dans l'optique de cette course ? 
LC : Aujourd’hui j’ai plusieurs objectifs sur ma saison comme le Xterra France, le circuit D2 avec mon équipe du TRIATHLAIX, et Raid In France avec mon équipe Raid 74 / Maxi Race en plus d’OtillO. J’ai donc une préparation assez « basique triathlon », car les formats de course que je fais sont assez variés. Donc même si dans OtillO, il n'y a pas de vélo, je m'entraîne beaucoup en vélo de route ou en vtt. Cette année je suis suivie par mon coach Yves Le Moigne, qui me permet de m’entraîner moins mais de manière plus efficace, car je dois aussi composer avec mon travail niveau timing. Cela représente en moyenne, dans le meilleur des mondes, 12h par semaine. Pour OtillO, le plus important va être de pouvoir tester son matériel avant. J’ai eu la chance de pouvoir échanger avec Sandrine, une française qui a déjà participé à cette course, et elle a pu me donner des conseils auxquels on ne pense pas tant qu’on n’a pas vécu la course. Par exemple, les courants sont si forts qu’il faut pouvoir s’attacher pendant la natation pour ne pas perdre son coéquipier dans les vagues, etc… Pour faire une sorte de « répétition générale », nous participons également à l’Engadin Swim Run en Suisse le 12 juillet prochain, sur un format un peu plus court qu’OtillO, mais qui risque d’être magique pour les yeux aussi.

LM : Qu'est-ce que tu apprécies le plus dans le domaine du Outdoor ? 
LC : Quand on pratique des sports nature, on a la chance d’évoluer souvent dans des endroits incroyables, dans lesquels on ne se rendrait probablement pas en dehors de ces courses. Je trouve que du coup l’effort, même s’il est exigeant, est beaucoup plus facile car on est aidé, porté par les paysages autour. Que ce soit les raids aventures (comme le Costa-Rica en 2013), les trails, le triathlon nature ou route, les souvenirs que je garde sont ceux non pas de la compétition elle-même mais surtout des images des paysages que l’on a pu traverser.

samedi 29 mars 2014

Eduardo Sépulveda se confie sur Vélostar.fr


Il porte le nom d’un célèbre écrivain chilien, Luis Sépulveda, mais c’est sur la piste et la route qu’il écrit ses plus belles pages et se révèlent aux yeux du grand public européen, à 23 ans, l’Argentin Eduardo Sépulveda a accepté de se confier juste avant le début du Critérium International dont il fait partie des outsiders à la victoire finale.

« Tout coureur rêve un jour de participer au Tour »

Crédit photo Tour de San Luis

Loic Manceau : Eduardo, comment es-tu venu au cyclisme ? 
Eduardo Sépulveda : C’est tout simple la passion du cyclisme est venu par mon père qui le pratiquait quand j’étais jeune. Le voir courir m’a alors donné envie de pratiquer également cette discipline.

LM : Comme Christopher Froome, tu es passé par le Centre Mondial du Cyclisme d'Aigle, qu'as-tu appris là-bas ? 
ES : Dans un pays comme l’Argentine où il n’y a pas une grosse culture vélo à la base et donc pas beaucoup de courses, c’était une véritable chance d’aller au Centre Mondial du Cyclisme. J’y ai beaucoup appris aussi bien d’un point de vue personnel que sur l’entraînement au contact des coachs présents.

LM : Quelles sont les principales différences entre les courses Européennes et Sud-Américaines ?
ES : je ne sais pas si il y a de grosses différences entre les courses en Europe et les courses en Amérique du Sud. Ce qui est sur c’est qu’il est plus difficile pour des coureurs venant d’Amérique du Sud de s’adapter à la culture du cyclisme européen.

LM : Comment as-tu atterri dans l'équipe Bretagne-Séché en 2013 ? 
ES : j’ai été stagiaire à la Francaise des Jeux, une véritable chance d’avoir porter les couleurs d’une équipe World Tour réputée, mais je n’ai finalement pas signé là-bas. Mon manager a alors parlé avec différentes équipes dont Bretagne Séché Environnement, j’ai alors décidé de signer pour l’équipe, ce que je ne regrette en aucun cas.

LM : 6e du San Luis, 4e du Tour Med', 20e de Paris-Nice, tu réalises un super début de saison, c'était important de bien débuter ?
ES : Je voulais être dans l’allure dès le début, surtout avec le Tour de San Luis qui est un tour référence dans mon pays, il était également important pour l’équipe que l’on soit présent pour espérer être sélectionné pour le Tour de France.  

LM : Quels sont tes objectifs pour la suite de la saison ?
ES : Mes objectifs sont relativement simple, je veux gagner une course, peu importe laquelle, et marquer des points importants dans l’optique de l’Europa Tour (il est actuellement 41e du classement général).

LM : Participer au Tour de France cette saison serait le Graal pour toi ? 
ES : Tout coureur rêve un jour de participer au Tour. Après la décision ne viendra pas de moi, mais j’espère de tout cœur que l’équipe me sélectionnera pour cette épreuve. Un grand tour c’est quelque chose d’unique dans une carrière.

LM : Est-ce que tu penses que le titre Olympique de Juan Esteban Curruchet et Walter Perez lors de l'américaine à Pékin a décomplexé toute une génération de cyclistes argentins ?
ES : C’est une bonne question puisque cette médaille d’or a changé beaucoup de choses dans mon pays au niveau du cyclisme et a permis à l’équipe nationale d’avoir plus de fonds. Je pense aussi que cette médaille a permis à toute une génération de jeunes argentins de venir davantage vers le cyclisme. Pour l’anecdote, Walter Perez est mon partenaire d’américaine (2e des championnats Panaméricains à Mexico en 2013).

LM : Que t'apporte la pratique de la piste sur la route ?
ES : Je pense que lorsque l’on vient de la piste, on peut penser davantage à la tactique que si l’on a fait uniquement de la route… D’ailleurs on retrouve beaucoup de coureurs issus de la piste dans les pelotons comme Coquard (Europcar), Viviani (Cannondale), Terpstra (Oméga Pharma Quick Step), Thomas (Team Sky) et bien d’autres.

LM : L'engouement du cyclisme argentin par rapport au Football se mesure à quelle échelle ?
ES : Le football dans mon pays est roi. Près de 90% de la jeunesse Argentine joue au football, j’y ai d’ailleurs joué jeune avant de me tourner vers le cyclisme qui est malheureusement moins populaire, c’est notamment pour cela que pour l’instant, je pense que l’on ne verra pas d’équipe Argentine dans les courses européennes sur le modèle de l’équipe Colombia.

LM : Dernière question Eduardo, qu'est ce que tu aimes particulièrement dans la vie française ?
ES : Je trouve qu’en France il y a un certain respect entre les cyclistes et les voitures, déjà plus qu’en Argentine c’est quelque chose de très agréable.

Propos recueillis et traduis par Loïc Manceau

samedi 8 février 2014

Angélique Surault à Argenteuil (95)

Après deux années passées en UFOLEP, Angélique Surault signe son retour dans la fédération française avec la nouvelle division féminine d'Argenteuil Val de Seine. Spécialiste de l'effort solitaire, elle tentera de faire mieux que sa précédente année en FFC, en junior, où elle avait récolté le titre de championne régionale de contre-la-montre et pris une très belle 5ème place au championnat de France de l'Avenir.

Angélique Surault - Chrono des Nations
Voici sa réaction : J'avais déjà était contacté pour intégrer une DN en junior 2 en 2011, j'ai eu une année où j'ai découvert les grandes épreuves et j'ai eu la chance d'avoir un titre régionale et d'obtenir une 5ème place aux championnats de France. Cette saison c'est malheureusement mal terminé mais je m'attarderais pas sur les détails. J'étais assez mal, j'ai même envisagé d'arrêter le vélo et par la suite je suis retourné aux sources, en ufolep donc, pour essayer de reprendre sans me prendre la tête. J'ai eu la chance pendant deux ans d'intégrer le VC Jarnac un club avec qui j'avais déjà participé au clm national par équipe en 2010 et pendant ces deux années ils m'ont donné confiance, ils ont toujours été là et m'ont tous énormément soutenu. J'ai vécu de supers moments comme les championnat ufolep de clm par équipe par exemple, notre 4ème place en 2012 . Je ne regrette rien de cette période vraiment, j'ai vécu de très bons moments, retrouvé un podium national et rencontré des personnes géniales que je ne veux surtout pas perdre de vue et que je vais continuer de suivre. Après j'ai décidé de retourner en ffc pour cette saison 2014 après une très très longue période de réflexion.. J'ai beaucoup réfléchi et malgré une forte appréhension et un peu de nostalgie j'avais envie de retenter l'expérience, j'ai 20 ans et je veux voir si je peux progresser encore notamment sur des grandes épreuves et voir mon niveau en contre la montre notamment, j'ai encore pas mal de choses à tenter et des objectifs et c'est maintenant ou jamais quoi! En plus j'ai la chance d'intégrer une DN celle d'Argenteuil et j'en suis ravie! J'ai évidemment un peu d'appréhension, peur de ne pas être à la hauteur mais je suis également super heureuse et motivée. J'ai envie de progresser et d'être une bonne coéquipière.

Voici son programme de course provisoire :
2 mars St Christophe 86
8 mars Montrieux sur Sologne 41
9 mars Argenteuil 95 feminines
15 mars Sauméjan 47
23 mars Cholet
29 mars St maurice la souterraine 23
6 avril St Jean de Monts 85 course feminines
12 avril Reignac sur Indre 37
17 et 18 avril France universitaire Plougastel 

vendredi 7 février 2014

Interview de Loic Manceau

Rencontré à l'occassion de son reportage sur le Championnat National Ufolep, Loic Manceau s'est livré sur la nouvelle rubrique du Comité Ile de France FFC : "Radio Peloton"


Crédit photo Gérard Briand
Ancien cycliste et actuel reporter sportif au Républicain de l’Essonne, tu es, depuis Juillet 2013, rédacteur reporter de la nouvelle rubrique "Radio Peloton IDF" pour le Comité d’Ile-de-France de la Fédération Française de Cyclisme. D'où est venu ce projet ? 

Le projet est venu du Comité d’Ile-de-France qui m’a contacté l’année dernière via Rémy Turgis, président de la commission régionale de cyclo-cross mais également de l’US Métro-Transports. L’idée était de retrouver le coté reportage que l’on  avait dans l’Ile-de-France Cycliste, journal régional qui pendant 64 ans (1944-2008) et 2292 numéros a fait vibrer le cœur de nombreux coureurs, dirigeants et passionnés de vélos. Ayant eu l’occasion d’être un fidèle lecteur du journal par le passé et écrire de temps à autres comme beaucoup dans la rubrique Radio Peloton que tenait le défunt Claude Verdez, j’ai dit banco et remercie au passage l’ensemble des membres du Comité d’Ile-de-France m’ayant choisi et fait confiance.


Nous avons été habitué à la sortie du numéro chaque fin de mois, le sera t-il toujours ainsi ?

En effet Radio Peloton se décline en un mensuel, pour l’instant, que l’on pourra retrouver sur le site du Comité d’Ile-de-France (http://www.cif-ffc.org/) généralement à la fin du mois écoulé ou au début du mois suivant. Il est vrai que quelques fois se mêlent des articles temporels ce qui peut donner une impression obsolète, une fois la parution du numéro, mais on travaille dessus pour améliorer certaines choses dans ce sens, pour développer des rubriques attractives, dans lesquelles chaque licencié pourra s’y reconnaître un moment ou un autre et pour que le passionné puisse retrouver une information globale du cyclisme francilien dans ses grandes largesses.


Avec des reportages sur le BMX, Trial, Route, Polo-vélo ou encore cyclocross, quel est l'objectif de cette rubrique ?

Des disciplines comme le BMX, le trial, le polo-vélo, la piste, le VTT X-Country ou de descente et le cyclo-cross ne sont pas toujours mises en valeur ou sont sous médiatisées, selon moi, mises à part en cas de performance mondiale ou olympique, lorsque ces disciplines le sont. Le cyclisme en général est plus varié que l’on ne peut le penser aux premiers abords. Tout dépend ensuite de sa conception, la mienne est simple, elle est de mettre en avant tous types de licenciés quelque soit sa pratique et sa discipline. J’ai eu beaucoup de retour de personnes qui m’ont dit « Ah mais on savait pas que cela existait en Ile-de-France », preuve qu’une information ou un reportage peut donner un petit coup de projecteur en attendant une lumière plus intense sur certaines pratiques. Je pense également qu’il est important d’être ouvert d’esprit, le vélo doit rester un plaisir avant tout et une belle école de la vie pour les plus jeunes et les moins jeunes d’ailleurs (sourire). Il ne faut pas oublier également les nombreux bénévoles dans les clubs qui font vivre le vélo au quotidien car derrière chaque champion ou non se cache, un entraîneur,un préposé au dossard, un accompagnateur qui conduit le camion du club, un signaleur, un motard, un commissaire, un dirigeant, etc…


Tu apportes un nombre conséquent d'information dans chaque numéro. Quel est ton secret ?

Il n’y a pas forcément de secret, j’essaye de faire en sorte que l’information soit pertinente, certains peuvent quelques fois se dire, « Mais c’est qui ce mec là, on s’en fout c’est qu’un D4 ». Mais de l’autre certains se diront « Ah bah tiens machin a fait ci à Tataouine ou fait cela. » C’est ce qui fait le charme du cyclisme et l’alchimie entre le milieu professionnel et amateur en général, tous les types de licenciés vont retrouver une information qui les concernera de près ou de loin, la personne qui lit la revue doit apprendre le plus, qui fera qu’elle lira le prochain numéro je souhaite et j’espère que Radio Peloton deviendra incontournable dans le paysage francilien comme le fut l’Ile-de-France Cycliste par le passé.

jeudi 26 décembre 2013

Gianni Marcarini

Présent sur les 5 éditions de La Vélostar, Gianni Marcarini participe à plus de 200 jours de courses par an. Pour cette occasion, Vélo101 lui a dédié un article ci-dessous.

Crédit photo Vélo101
Qui n'a jamais remarqué l'étal de maillots réplicas aux abords d'une grande compétition cycliste ne s'est jamais rendu sur une course. Immanquable, Gianni Marcarini roule sa bosse sur le marché des maillots depuis quarante ans et l'arrêt d'une carrière professionnelle de coureur de douze années. Né à Bergame, en Italie, le 15 mars 1940, puis naturalisé français dans le courant de sa carrière pro en 1966, l'incontournable commerçant ambulant sillonne à longueur d'année les routes de France et d'Europe pour offrir en direct à sa clientèle une sélection des plus beaux ensembles d'hier et d'aujourd'hui. Une petite entreprise qui ne connaît pas la crise, portée par un personnage indissociable des grands rendez-vous cyclistes.

Le commerce, Gianni Marcarini a toujours eu ça dans le sang. "J'ai toujours été un peu dans le commerce, affirme-t-il. A l'époque où j'étais coureur, ce n'était pas comme aujourd'hui, il fallait bricoler, se débrouiller. J'ai donc toujours eu l'âme commerçante. Chez Mercier, on nous fournissait cinq maillots pour toute la saison mais nous pouvions en acheter cent que nous revendions tous. Dès lors nous étions tous des représentants Mercier. C'est comme ça que j'ai commencé le commerce des maillots."

A sa descente de vélo en 1973, l'Italo-français songe sérieusement à sa reconversion. Il lance son magasin de cycles à Hennebont, dans le Morbihan, sa terre d'élection, où il s'est établi à force de courir en Bretagne. "J'ai gagné beaucoup de courses en Bretagne et j'ai fini par m'y installer, précise-t-il. Mais aujourd'hui je n'y rentre plus souvent." Et pour cause, Gianni Marcarini passe sa vie sur les routes. A bord de son camion, il parcourt 100 000 kilomètres par an pour être présent sur toutes les courses pros et toutes les grandes cyclosportives, soit au moins 200 rendez-vous annuels qui lui permettent d'élargir sa zone de chalandise par une présence terrain qui passe par les trois Grands Tours, les Championnats de France et du Monde, l'Ardéchoise, la Marmotte etc.

Tandis que la boutique morbihannaise continue de tourner avec un employé à plein temps, désormais spécialisée dans le beau vélo autour de marques comme Giant, Kuota, Pinarello ou Cipollini, Gianni Marcarini crée l'attroupement sur les courses en vendant ses maillots et accessoires du parfait cycliste mais aussi et surtout ses maillots d'époque. C'est sur ce marché qu'il a fait sa niche. La mode des maillots rétros repart en effet de plus belle auprès des cyclos les plus âgés qui renouent ainsi avec l'étoffe qui les faisaient frissonner dans le vieux temps.

"Il y a une grosse crise dans les maillots professionnels, soulève le commerçant. La grande tendance, dans le réplica, ça reste le Saint-Raphaël, le Molteni. Ça reste de grandes marques. Chez les pros, ce qui m'étonne toujours, c'est le gros succès d'Omega Pharma-Quick Step. On se l'arrache quand les autres marques ne bougent pas. Quelques curiosités comme IAM Cycling marchent aussi en ce début d'année." Le marché dépend aussi fortement des performances et contre-performances des équipes. "Il suffit que le coureur d'une équipe soit suspendu pour que le stock nous reste sur les bras. L'an dernier Andy Schleck n'a rien fait et Frank Schleck s'est cassé la clavicule, si bien que j'ai été obligé de solder mes maillots RadioShack-Nissan."

Crédit photo El Pais

Fabriqués en Italie, ces maillots réplicas sont également vendus par correspondance via les bons de commande diffusés dans Vélo Magazine ou plus récemment le site Internet des Cycles Marcarini (ndlr : cycles-marcarini.com)  "C'est une évolution, remarque Gianni Marcarini. Autrefois, je vendais beaucoup plus par correspondance, avec courrier et tout, notamment grâce à ma publicité dans Vélo Magazine. Ça marche toujours auprès des anciens, qui se méfient d'Internet, mais pour les jeunes nous nous sommes adaptés."

Aujourd'hui, les Cycles Marcarini génèrent 800 à 900 000 euros de chiffre d'affaires par an. Et les idées continuent d'affluer avec la conception cette année d'un maillot pour marquer le 101ème Championnat de France à Lannilis. A 73 ans, Gianni Marcarini n'est en tout cas pas prêt de raccrocher sa casquette. Il arpentera encore les routes durant quelques années. "Je viens de refaire mon camion à neuf après 115 000 euros de réparation : je suis condamné à continuer. Je peux repartir pour quatre ou cinq ans."

Article réalisé par Vélo101

mercredi 20 novembre 2013

Entretien avec Yoann Offredo

Crédit photo auxdelicesdelardy.com

C'est en 1998 que Yoann Offredo (FDJ.fr) a débuté le cyclisme dans le club de la région Parisienne, le COS Renault Lardy, en Essonne (91). Depuis, il a rejoint en 2003 l'Athétic Club de Boulogne Billancourt (ACBB), en 2004 le club de Créteil et le CC Nogent Sur Oise de 2005 à 2007 avant de passer professionnel au sein de l'équipe FDJ.fr depuis 2007. Spécialiste des classiques, Yoann s'est confié sur le site de la FDJ.fr. Voici son entretien :


Yoann, tu es déjà sur le vélo ?
Oui, j’ai coupé dix jours après Paris-Tours. D’ordinaire, je respecte un temps de repos plus long mais là, après mon année d’arrêt en 2012, je pense qu’il n’est pas nécessaire de rester longtemps inactif. Même si Frédéric Grappe me conseille d’y aller mollo. Au départ, je ne devais pas partir en vacances parce que ma fille est encore toute petite mais finalement j’ai remplacé Marc Madiot comme parrain de « la Belle Martinique ». Je suis donc allé aux Antilles du 2 au 12 novembre. Avec mon vélo. J’y ai rencontré d’anciens pros comme Maurice Le Guilloux. Désormais, je sais tout de Marc…

A quel type de travail te livres-tu ?
Je ne fais que du pignon fixe et du cyclo-cross, en compagnie de Kenny Elissonde (ndlr: Essonnien lui aussi). Je reprends avec beaucoup de motivation, voulant faire en 2014 ce que j’avais imaginé pour 2013 avant d’être suspendu un an. Je suis dans une logique de progression.

Sportivement, comment juges-tu cette dernière saison ?
C’était une année de remise en route et je me suis rendu compte très rapidement que ce ne serait pas évident. En un an, j’avais perdu des muscles, j’avais perdu mes repères dans le peloton. J’ai beaucoup travaillé et je pense avoir retrouvé mon niveau, la puissance notamment. Quand je suis revenu, je ne me suis jamais dit ‘’je vais faire telle course pour moi’’. En un an, mon équipe avait beaucoup changé, au niveau de son potentiel et de son état d’esprit. Il était donc naturel que je mette au service des autres, d’Arnaud Démare et Matthieu Ladagnous notamment. A leur service, je me suis impliqué pour l’équipe et j’ai fait un boulot permanent qui a porté ses fruits.

Sans que cela se traduise par un résultat personnel ?
Ça ne s’est pas vu mais j’ai fini quasiment toutes les classiques dans les 20 premiers, Milan-San Remo, le Grand Prix E3, Gand-Wevelgem et le Tour des Flandres. Je n’avais pas les jambes pour faire mieux mais c’était déjà très bien de finir dans le premier groupe. C‘est un acquis pour 2014.

En quoi ton équipe a-t-elle tellement changé ?
Le niveau est très haut et l’état d’esprit incite chacun d’entre nous à s’impliquer totalement. Personnellement, travailler pour les autres m’a permis de vivre une grande expérience sportive, humaine aussi avec les coureurs et le staff. Il y a de l’adrénaline en permanence dans cette équipe à travailler pour les autres et pas seulement pour soi. On m’a donné un rôle et j’y ai pris du plaisir.

Tu as des souvenirs particuliers ?
J’en ai beaucoup. Les Quatre Jours de Dunkerque avec des coureurs qui s’entendent bien, Mika (Delage), Nono (Démare) et Boubouche (Boucher). Mais aussi les Grand Prix de Montreal et de Québec où j’ai adoré travailler en faveur d’Arthur Vichot.

Comment imagines-tu 2014 ?
Je sais où je vais. Si Dubaï est à notre programme, je suis volontaire pour enchainer Dubaï, Qatar et Oman pour faire un gros bloc de travail en février. Puis le Het Nieuwsblad, Paris-Nice (en fonction du parcours), Milan-San Remo et les classiques habituelles. Je pense être un coureur atypique, un peu un romantique. Toutes les courses me plaisent mais quelques-unes seulement me conviennent et me correspondent. Ce sont celles allant de Milan-San Remo à l’Amstel Gold Race. Je m’en imprègne. Dimanche, il y avait une braderie à Baillet en France et j’y suis allé acheter des ‘’Miroir du Cyclisme’’, ceux où il y avait Roger De Vlaeminck par exemple. Concernant Milan-San Remo et Paris-Roubaix, je sais qu’un jour ça va le faire !

Il y a un truc étonnant te concernant : tu as tout pour faire un bon spécialiste du chrono mais tu ne t’y consacres pas ?
C’est vrai que j’en ai gagné 12 chez les amateurs, j’ai fait deuxième du Chrono des Nations espoirs… Je le travaillais spécifiquement parce que je devais composer avec mes études et ça me permettait de compenser. Chez les pros non, mais je le disais, je suis très motivé et même par ça. J’ai un vélo de chrono chez moi désormais et la semaine prochaine, sur le vélodrome de Roubaix, je vais travailler ma position avec mes équipiers.

La grande nouveauté est symbolisée par ce stage : auparavant l’équipe FDJ faisait des stages parce qu’il le fallait, cette fois la volonté est différente…
Oui, c’est la volonté des coureurs. Il y a un vrai souci de performance qui nous tire tous vers le haut, qui nous installe dans un cercle vertueux. Il y a 5 ans tout le monde aurait traîné les pieds pour aller faire ce stage en novembre. Là, c’est une demande collective. Et nous sommes très heureux de participer à la vie de l’équipe, d’aller par exemple tester les boyaux pour la prochaine saison.

Evidemment, cette implication est source de résultats sur le terrain ?
L’équipe a changé, son statut a changé. On se rapproche du Top 5 Mondial en regardant bien ce que font les autres, les meilleurs. On prend exemple quand il le faut. Avant, nous étions des parias dans le peloton, maintenant nous sommes acceptés. Je n’entends que très rarement fuser les ‘’Français des Merde’’ qui étaient habituels il y a quelques années. Il est vrai que Klöden et certains autres ont pris leur retraite... Tout simplement je pense que l’équipe FDJ.fr a gagné le respect en prenant la course en main.

Après les classiques, tu sais aussi où tu vas ?
J’aimerais finir un Grand Tour, j’ai entendu quelques remarques qui m’en donnent l’envie maintenant. Peu importe lequel des trois, Giro, Tour ou Vuelta pourvu qu’on me donne un rôle pendant trois semaines. J’en ai très envie.
Entretien d'après FDJ.fr

dimanche 13 octobre 2013

Interview d'Angélique Surault

La Charentaise Angélique Surault (VC Jarnac) fait partie des femmes en forme en cette saison 2014. A 20 ans, l’ancienne championne d’Ile de France contre-la-montre FFC continue sa progression à l’échelon amateur. Elle totalise de très nombreux top 10 cette année sur les épreuves les plus relevées dont des victoires aux championnats Départementaux et Régionaux route et a accepté de se confier  à velostar.fr

Porter le maillot bleu, blanc, rouge c'est un rêve

Crédit photo Kevin Hamon-Baris 

Pourquoi avoir choisi le cyclisme ?
Le cyclisme ce n'est pas vraiment un choix, cela s'est fait vraiment tout seul, c'était comme une évidence. J'ai grandi dans le milieu cycliste. J'ai notamment suivi mon papa sur les compétitions depuis toute petite, ses cousins aussi. La famille est vraiment plongée dedans. Ensuite ma sœur a voulu tenté l'expérience vers l'âge de 13, 14 ans et je suivais toujours. Au début j'étais passionnée, j'adorais passer mes week-end sur les courses, je ne pensais pas en faire mon sport. Et puis vers l'âge de 11 ans cela m'a tenté, je voulais être aussi au "cœur de l'action". Cette passion ne m'a jamais lâchée

Et depuis votre palmarès ne cesse de s’embellir. Pouvez vous nous retracé votre jeune carrière cycliste ?
J'ai commencé en benjamine mais je n'ai pas pu finir les deux premières saisons (quelques soucis de santé qui ce sont accumulés). J'ai commencé en ufolep et ffc en cadette première année en Gironde. J'étais championne de Gironde et d'Aquitaine UFOLEP, j'ai terminé 3ème du national route. En cadette 2 je n'ai fais que de l'ffc où j'ai terminé 5ème du challenge féminin Pays de la Loire et où j'ai eu quelques places dans les 5 sur les courses féminines régionales. En junior 1 j'ai eu une bonne année avec les deux fédérations. 6ème en 17/29ans au national route (UFOLEP) et vice championne national de CLM dans mon département à Jarnac. En junior 2 j'ai eu la chance d'être contactée par une équipe de division nationale féminine, j'ai passé une année à découvrir les coupes de France ect ... J'ai obtenu le titre de championne d'Ile de France CLM et terminé 5ème au championnat de France de l'avenir CLM. Là cela fait deux ans que je suis retournée, avec plaisir, en ufolep. L'année dernière j'ai terminé 10ème au national route, 4ème au national CLM individuel et par équipe ! Et l'hiver dernier j’ai finit 6ème au national cyclo cross (en féminines 17/29 ans).

Vous n’êtes jamais loin du podium pour les championnats nationaux et cette année vous vous classez 6ème du National Cyclo Cross, 9ème du National Route et 3ème du National CLM, Satisfaite de votre saison 2012/2013 ?
Je suis assez perfectionniste et exigeante envers moi même. Comme tu le dis je ne suis jamais très loin des podiums alors j'aimerais y monter, sur la route par exemple, le chrono j'ai eu la chance d'y monter deux fois, c'est un moment magique ! Porter le maillot bleu, blanc, rouge c'est un rêve après je ne me plaindrais pas. Oui je suis satisfaite de ma saison. Les résultats aux championnats nationaux me conviennent. J'aime beaucoup le cyclo cross mais je ne suis pas très douée alors cette 6ème place m'a surprise et m'a fait très plaisir. Pour la route c'est pareil, je n'ai pas de regrets le circuit était très difficile, ce n'était pas à mon avantage mais j'ai fais le max'. Après mon objectif c'était le national CLM qui est vraiment une discipline qui me tient vraiment à cœur et qui me correspond. Je voulais prendre ma revanche sur le national précédent où j’y suis allée en étant blessée. Finir au pied du podium, cela m'a mis une grosse claque. Cette année je suis partit beaucoup plus sereine, j'ai fais le maximum pour ne pas avoir de regrets, je voulais accrocher le podium mais avant la course je n'y pensais pas, j'ai craqué après la course. Ce podium j'en suis ravie ! Donc oui une bonne saison pour moi.

Avez vous un programme de courses spécifique pour la fin de la saison ? Le titre National de cyclo cross pour objectif ?
Rien de spécifique non. Là ma saison vient de se terminer. Pour finir j'ai fais la course de mon club, un contre la montre en duo (ndlr : qu'elle a remporté). Maintenant c'est repos, environ trois semaines et je reprendrais doucement. Je vais varier et essayer de faire autre chose, natation, course à pied pour varier. Pour le cyclo cross cette année j'en ferais moins. Je serais présente au national c'est certain mais ce n'est pas mon objectif, le cyclo cross c'est vraiment pour le plaisir et parce que je trouve que c'est une bonne préparation pour la route. Mais je ferais le maximum ça c'est certain.

Un objectif pour 2014 ?
C'est encore loin. J'aimerais vraiment grappiller quelques places sur le national route. Un top 5 ça serait vraiment super. Après l'objectif de l'année reste le national contre la montre. Je me suis promis qu'un jour j'aurais le titre. Je ne me prends pas la tête je travaille, je suis patiente et j'aimerais l'avoir en 2014 je ne vais pas le nier. Il y aura une nouveauté, je participerais certainement au championnat de France universitaire en début d'année, j'espère faire quelque chose de correct.

Dernière série de questions à la volée...
Km dans l'année ? Pas de chiffres exacts, moins de 10000 je pense à ce jour + les séances d'home trainer qui sont nombreuses avec les cours.
Plutôt 39 dents ou 53 ? 53 dents
Plat préféré ? Les pates à la carbonara !
Boisson préférée ? Grande buveuse de lait lol.
Un acteur ? Robert Pattinson *_*
Une actrice ? Eva Longoria
Film culte ? Récemment j'ai vu le film Jappeloup, moi qui suis passionné de chevaux je le trouve magnifique. Ou encore Invictus.
Un cycliste ? Sylvain Chavanel sans hésiter ! Et Yoann Paillot que j'ai pu côtoyer et que j'admire beaucoup
Passion en dehors du vélo ? Mon autre grande passion c'est vraiment la musique, j'écris et je chante tout le temps, j'aime beaucoup ça, faire des reprises également

Merci Angélique

jeudi 10 octobre 2013

Interview d'Hugo Houle


Ils sont trois… trois coureurs à l’accent chantant, de cette terre découverte par Jacques Cartier en 1534 à courir pour des équipes françaises cette saison , David Veilleux (Eurpocar), Dominique Rollin (FDJ.fr et Hugo Houle (AG2R).Ce dernier pour sa première année sur le territoire européen, le jeune canadien de 23 natif de Sainte-Perpétue dans l’état de Nicolet-Yamaska a accepté de se confier à l’aube de sa dernière course de la saison, dimanche prochain Paris-Tours.


« Faire davantage de résultats »

Crédit Kramon


Loïc Manceau : Hugo, comment avez-vous débuté le cyclisme en compétition ? 
Hugo Houle : J’ai commencé le cyclisme à l’age de 15-16 ans après avoir débuté par le triathlon, mes parents étaient des sportifs ils ont notamment eu l’occasion de pratiquer le cyclisme.

LM : Les résultats ont été assez bons pour  vous dès le début, non ? 
HH : J’ai obtenu trois titres de champion du Canada chez les espoirs et un titre sur route, j’ai également remporté le Tour de Québec en 2012, mais au début tout n’a pas été toujours super simple en terme de résultat, mais j’ai appris avec le temps.

LM : L’année dernière vous  étiez dans l’équipe SpiderTech C-10 de Josée Laroque et Steeve Bauer qui s’est arrêtée à la fin de l’année 2012, comment  as-tu vécu ce moment-là ? 
H.H : C’était un super beau projet d’être dans une équipe à consonance canadienne (ils étaient 11 canadiens dans l’effectif), mais qui s’est fini brusquement, c’est dommage pour nous, mais ce ne fut pas facile de retrouver une équipe par la suite pour tout le monde (Guillaume Boivin est chez Cannondale, François Parisien chez Argos et Caleb Fairly était chez Garmin en 2013).

LM : Et finalement,  vous vous êtes retrouvés retrouvé en World Tour dans l’équipe AG2R cette saison…
HH : Tout à fait, Spidertech s’était engagé à nous retrouver une équipe pour 2013 et de payer une année nos salaires, à partir de ce moment, c’était plus facile pour moi de négocier.

LM : Et votre découverte des courses européennes, comment s’est elle passée ? 
HH : C’est très différent, au Canada, les routes sont beaucoup plus larges alors qu’en Europe  c’est plus étroit, ça vire beaucoup aussi, ce n’est pas non plus la même manière de courir. 

LM : Comment jugez-vous votre première année sous les couleurs d’AG2R ?
HH : C’était une année d’apprentissage  avec un nouveau mode de vie, une nouvelle adaptation, puisque je vis en France, et la découverte de mes nouveaux coéquipiers. Ce fut une année positive après des évènements peu heureux avec le décès de mon frère en fin d’année dernière.

LM : Quelles courses vous font rêver ? 
HH : J’aime beaucoup les classiques de début de saison comme le Tour des Flandres, j’ai disputé mon premier Milan-San Rémo aussi où j’ai connu des ennuis mécaniques, je dirais en général que les classiques me conviennent bien, j’ai un profil de rouleur-puncheur, je pense aussi que les Ardenaises peuvent être un de mes terrains de jeu dans le futur.

LM : Comment se mesure l’engouement du cyclisme dans un pays comme le Canada ? 
HH : Il manque maintenant une équipe professionnelle dans le pays, alors que le cyclisme se développe de plus en plus, des épreuves comme le Grand Prix de Quebec et Montréal attirent du public. On retrouve également beaucoup de participants sur les cyclosportives. Mais je dirais que c’est le continent Nord américain qui prend goût de plus en  plus au cyclisme avec des épreuves comme le Tour de Californie, du Colorado médiatisés à travers le monde.

LM : Aviez-vous une idole qui vous a poussé à devenir professionnel ? 
HH : Je n’avais pas d’idole au départ, mais au niveau des coureurs nord-américains, j’aimais beaucoup David Veilleux, le coureur de chez Europcar.

LM : Quels sont vos objectifs pour l’année prochaine ? 
HH : J’aimerais beaucoup briller sur une course World-Tour, et faire davantage de résultats, je suis sur que tout se passera pour le mieux.

LM : Enfin qu’aimez-vous depuis que vous êtes en France ?
HH : Je vis actuellement dans l’Isère donc j’ai l’occasion de découvrir des routes d’entraînement plus escarpées avec beaucoup de cols. Sinon je me suis adonné à la cuisine française et notamment aux pâtisseries, mon péché mignon (sourire). 

mardi 24 septembre 2013

La Jacques Anquetil 2014 - Interview d'Eric Ramos


Eric Ramos, chef d'entreprise à Velostar.fr, a été interviewé par Velo101 sur la nouvelle édition de la Jacques Anquetil en 2014. Oganisateur de La Jacques Gouin et de La Velostar, Eric nous dévoile les particularités de cette nouvelle édition.

"Une épreuve mythique me trottait dans la tête. Et tout de suite l'idée de relancer la Jacques Anquetil m'est venue à l'esprit."


Eric, vous relancerez la Jacques Anquetil en septembre 2014, comment êtes-vous parvenu à un accord avec Sophie Anquetil ?
Voilà cinq ans que j'organise, avec l'aide d'une précieuse équipe, des cyclosportives en région parisienne, mais une épreuve mythique me trottait dans la tête... et tout de suite l'idée de la Jacques Anquetil m'est venue à l'esprit ! Il y a un an, fort de cette motivation, j'ai rencontré Dominique Anquetil, la femme de Jacques, et Christopher au Domaine de la Neuville-Chant-d'Oisel. Et cet été sur le Tour de France, Sophie Anquetil, la fille de Jacques, m'a déclaré son envie, sa joie, de voir renaître cette cyclo au nom de son père. Depuis nous avons signé une convention avec la famille pour le retour de cette épreuve mythique en septembre 2014 !

En quoi cette cyclo ressemblera ou non à la Jacques Anquetil des débuts du Grand Trophée ?
Le format de la Jacques Anquetil sera gardé, à savoir une cyclosportive de masse, et pour le plus grand bonheur des Parisiens, ce sera en vallée de Chevreuse, avec un salon dédié à Maître Jacques et surtout l'idée de convier les cyclistes à partager un repas la veille au soir avec la famille Anquetil et quelques amis et coéquipiers de ce champion d'exception !

Quelles seront les dates et les distances des parcours ?
L'épreuve se tiendra le dimanche 21 septembre 2014, avec deux parcours de 90 et 180 kilomètres environ, et départ et arrivée d'une ville des Yvelines... Nous réfléchissons encore aux détails.

Les parcours, disiez-vous, emprunteront la vallée de Chevreuse...
La vallée de Chevreuse, la stèle hommage à Jacques, des côtes connues et reconnues, sont un super attrait pour cette épreuve. Attention, tout ceci dépendra bien sûr des autorisations de la préfecture.

Cette Jacques Anquetil fera-t-elle partie d'un trophée national ?
Bien évidemment. Au regard du succès rencontré avec le Challenge Vélostar sur nos deux cyclos parisiennes, la Jacques Gouin et la Vélostar 91, la Jacques Anquetil entrera dans ce challenge.

Idéalement, combien de cyclos en région parisienne voulez-vous organiser ?
Je crois que nous aurons atteint notre but avec cette troisième épreuve et ainsi démontré nos compétences en matière d'organisation car il faut bien reconnaître qu'organiser des cyclosportives en région parisienne n'est pas une mince affaire. Fort de cette expérience, peut-être pouvons-nous à l'avenir aider, en tant que prestataire, d'autres organisateurs comme ce sera le cas avec l'organisation du final du prochain Bordeaux-Paris, que la société Extra Sports nous a confié.

Quand commenceront les inscriptions de la Jacques Anquetil ?
Cette épreuve apparaîtra dans les calendriers 2014 et les engagements débuteront alors en début d'année.
D'après Velo101

lundi 23 septembre 2013

Interview de Boris Zimine


Nouvelle rubrique sur le site du Comité d’Ile-de-France, (cif-ffc.org), Radio Peloton redonne goût aux nostalgiques du défunt  Ile-de-France, disparu en 2008. Dans le prochain numéro du Radio Peloton, on retrouvera notamment une interview d’un coureur ayant fait ses classes depuis l’école de cyclisme en Ile-de-France, Boris Zimine, 23 ans, professionnel aujourd’hui au sein de la formation Roubaix- Lille- Métropole . Interview que vous pouvez découvrir en exclusivité et intégralité.


« Je suis déjà tourné vers 2014»

Pur produit de la formation francilienne, passé notamment par le CSM Puteaux, Argenteuil Val de Seine 95, l’OC Val d’Oise, le CSM Epinay et le CSM Villeneuve-la-Garenne, Boris Zimine, est professionnel depuis deux saisons, au sein de la formation Continentale, Roubaix-Lille-Métropole. A 23 ans, le coureur originaire de Sartrouville (Yvelines) a accepté de se confier après une année 2013, jusqu‘à maintenant « de galère » mais qui commence à retrouver un peu de couleur avec une 19e place, le 8 septembre au Grand Prix de Fourmies (Nord).

crédit photo Aurélien Regnoult

Loic Manceau : Boris, on peut dire que 2013 est une année noire pour toi pour le moment?
Boris Zimine : En effet, 2013 est une année noire pour moi. Mais plus que 2013, cela fait 4 ans que je galère pas mal. Depuis 2009 j'ai enchaîné plusieurs soucis de santé : cartillage du genou abimé post traumatique en 2009, fracture tibia et gros traumatisme cranien après m'être fais renversé par une voiture début 2010, problèmes hépatiques en 2011, et pour finir cette fameuse endofibrose bilatéral iliaque dont je souffre depuis 2012 et que l'on m'a enfin diagnostiqué début 2013.

L.M : Rappelle nous, comment cette blessure s'est produite ? 
B.Z : Cette pathologie est en fait une pathologie propre au cycliste en général. L'endofibrose est un rétrécissement des artères causé par la position atypique du cycliste sur son vélo. Un dépôt se fait dans les artères, ce qui a pour conséquence de boucher les artères iliaques, qui transmet l'oxygène nécessaire aux muscles des jambes. Plus on a commencé le vélo jeune et plus on y est sujet. L'endofibrose est souvent unilatéral, mais me concernant, j'ai été touché au niveau des 2 jambes.


L.M : Et les récidives c'était du à une opération mal soignée ou un mauvais diagnostic de base ? 
B.Z :J'ai été opéré début février (le 8 février à gauche, puis le 12 février a droite) de mon endofibrose bilatéral. A la suite de ça j'ai du observer 30 jours de repos total puis une reprise progressive des activités physiques (vélo et natation principalement) avant de commencer réellement l'entrainement début avril. Malheureusement, depuis cette opération je n'ai ressenti aucune amélioration, et j'ai refais des examens dernièrement qui ont révélé que j'ai surcicatriser. Mon organisme a réagi a l'extrême en cicatrisant plus que de coutume. La cicatrice interne étant trop grosse, elle a le même effet que l'endofibrose, bouchant une partie de mes artères. J'ai donc été opéré pour la 3ème fois mardi 13 aout, afin de pratiquer une hyperdilatation artérielle suivi de pose de stents, permettant de laisser mes artères aux dimensions "normales". Cela résulte donc ni d'un mauvais diagnostic, ni d'une opération mal soignée mais plutôt d'un cas rarissime. Cette fois-ci l'opération était beaucoup moins lourde, j'ai repris le vélo le 16 août par 1h d'home trainer et je vais augmenter très rapidement le contenu et le contenant...


L.M : Qu'est ce qui est le plus dur pour toi dans ce cas là ? La frustration de ne pas courir ? 
B.Z : C'est dur de voir ses collègues courir, surtout après tant d'effort et de sacrifices. J'ai vraiment vécu les 6 derniers mois comme un calvaire et suis plutôt fragile psychologiquement depuis février. Je me suis entraîné comme un forcené pour retrouver mon niveau, en vain, puisque je ne possédais toujours pas la totalité de mes capacités physiques. J'espère enfin voir le bout du tunnel.


L.M : Tu as reçu beaucoup de soutien durant ta convalescence ?
B.Z : Le soutient, je l'ai surtout reçu de la part de ma famille, principalement mes parents, qui ont vraiment été présent au quotidien. Mes amis proches et mon entraîneur Julien Pinot ont été très présents aussi. L'équipe de Roubaix Lille Métropole a elle aussi été exemplaire et ont été sympas vis à vis de moi. Pour le reste, je dirai que c'est surtout dans ces périodes la que l'on se rend compte combien la société est cruelle. Quand tout va bien, on ne manque pas d'amis, mais dans le cas contraire, on est vite esseulé et/ou montré du doigt. On a beaucoup de connaissances, mais des personnes sur qui compter, ils se comptent sur les doigts des mains, et encore... Mais çà, ça fait quelques temps que je l'ai compris malheureusement.


L.M : Tu fais partie d'une génération prometteuse du cyclisme français 1990-1991, qu'est ce qui fait, selon toi, que cette génération soit aussi prometteuse ?
B.Z : Il est vrai que la génération 1990-1991 est vraiment très talentueuse. J'irai même jusqu'à dire que celle de 1990 est vraiment impressionnante, bien plus encore que celle de 1991. Pinot , Bardet, Bouhanni, Lebon, pour ne citer qu'eux ont vraiment déjà réalisé de grosses performances chez les pros , et ont certainement un avenir radieux , si on leur laisse le temps de progresser et d'arriver à maturité. Je ne pense pas qu'il y ait une explication logique et rationnelle pour expliquer une telle densité pour une seule et unique génération. Par contre, ce qui est certain, c'est que tout les progrès qui ont été fait ces dernières années en terme de lutte antidopage permettent de réduire l'écart qui séparait les néo-pros des coureurs expérimenté dans les années 90 – 2000.

L.M : Est-ce difficile aujourd'hui d’être un jeune, par l'age, professionnel en France ?
B.Z : C'est vrai qu'en France, on a vite tendance à en demander beaucoup, très vite, et trop tôt. Dés lors qu'un coureur fait un résultat où montre des prédispositions intéressantes, on le présente très rapidement comme le futur vainqueur du Tour de France, par exemple. Malheureusement, ce sont surtout les médias qui mettent beaucoup de pressions à ces jeunes coureurs qui sont déjà parmi l'élite du peloton. Les directeurs sportifs ou les experts cyclistes sont eux souvent beaucoup plus lucides et plus "patient". Encore une fois, il faut être bien entouré, c'est certainement une des clés de la réussite. Non, je ne pense pas. Déjà on à la chance de pouvoir passer professionnel "plus facilement" car il y a beaucoup plus d'équipes professionnelles que par le passée.

L.M : Comment va se passer cette fin de saison pour toi ?
B.Z : Je ne sais pas si on peut appeler ca "fin de saison". J'ai l'impression qu'elle n'a réellement jamais vraiment commencée. Je n'ai couru que de début juin à fin juillet, soit à peine 15 jours de courses. Si tout se passe bien, j’ai repris la compétition fin août, en septembre, beaucoup de courses d'un jour  sont prévus comme le GP Isbergues, voir Paris-Tours à la mi-octobre.

L.M : Avec quels objectifs iras-tu en cette fin de saison ? 
B.Z : L'objectif principal sera tout d'abord de me rassurer. Retrouver des sensations et du plaisir sur un vélo. Rassurer aussi mon employeur, pour leur montrer qu'ils peuvent compter sur moi pour 2014. Dans ma tête, je suis déjà tourné sur 2014. Une chose est sûr j'ai faim, très faim...

L.M : On sait qu'une saison cycliste aujourd'hui dure de Janvier à Décembre, est ce qu'il est prévu que tu disputes des tours un peu plus exotique en fin de saison ?
B.Z : Je ne sais pas, tout dépendra des couleurs que je défendrai l'an prochain. Si j'ai encore la chance d'être coureur professionnel en 2014 je ne prendrai pas part a des courses "exotiques", préférant couper psychologiquement avec le vélo une dizaine de jours une fois la saison finie , avant de me préparer au mieux pour attaquer 2014 en pleine forme et enfin montrer mon potentiel. J'y crois toujours, et à chaque fois que je vois mes ex collègues de l'équipe de France tutoyer le haut des classements, j'y crois encore un peu plus. Je veux montrer que j'ai ma place parmi les pros, et bien plus haut que ce que je ne suis actuellement.


LM : Et l'année prochaine, on continuera à te suivre sous les couleurs de Roubaix Lille Métropole ?
B.Z : Je ne sais pas encore. J'en saurais sûrement un peu plus courant septembre. L'idéal serait de réussir à faire quelques placettes ou faire de belles courses d'ici la fin de saison, pour rassurer mon équipe quand à la possibilité que je retrouve mon niveau antérieur. Je vais donc continuer de travailler, jusque’à la fin de saison, pour ne pas avoir de regrets envers moi-même...

L.M : Dernière question, est-ce qu'il est possible que l'on te revoit davantage courir cet hiver en cyclo-cross, dont tu étais parmi les meilleurs spécialistes français de ta génération ?
B.Z : Je vais faire du cyclo-cross cet hiver, c'est une certitude. Maintenant, je ne sais pas encore combien et à quel niveau. Encore une fois, tout dépendra des 2 prochains mois. Mais je pense que je reprendrais plus rapidement le cyclo-cross que les 2 dernières saisons où j'ai délaissé cette discipline. Mi Novembre, je serai déjà sûrement au départ d'un cyclo-cross. Pas dans l'intention d'être performant, mais surtout pour travailler dur avec pour objectif de réaliser un gros début de saison sur route en 2014.