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samedi 19 juillet 2014

TDF #13 : Nibali, le patron

La première étape alpine a donné lieu à une explication entre les prétendants au titre et au podium, qui ont été contraints de se livrer dans l'ascension finale menant à Chamrousse. Vincenzo Nibali y a apporté la confirmation de sa supériorité actuelle en attaquant de façon autoritaire à 7,5 km de la ligne, alors que le 2ème du classement général, avait déjà perdu pied. Le podium provisoire a donc été recomposé, Alejandro Valverde devenant maintenant le premier poursuivant du Maillot Jaune, tout en lui ayant concédé 50''. Une lutte pour le maillot blanc est également engagée entre Romain Bardet, qui monte sur la 3ème marche et défend sa position de meilleure jeune face à un Thibaut Pinot conquérant, qui le suit à 16''.  

Crédit photo ASO

Neuf coureurs en tête
Le profil de l'étape donne des idées à de nombreux attaquants, dont De Marchi (Cannondale), Serpa (Lampre), Arashiro (Europcar), Voigt (Trek), Durbidge (Orica) et B.Feillu (Bretagne), qui sont repris par le peloton au km 11. La course rentre ensuite dans l'ascension menant au col de la Croix de Montvieux. Un nouveau groupe se forme en plusieurs temps : De Marchi et Feillu sont encore dans le coup, accompagnés de Visconti (Movistar), Kadri (AG2R), Durasek (Lampre), Oss (BMC) et Huzarski (NetApp), qui basculent en tête, suivis de près par Molard (Cofidis) et Bakelants (OPQS). L'échappée se réunit dans sa configuration  définitive au km 41.

De Marchi part en solitaire
Les coureurs de Katusha se portent rapidement à l'avant du peloton, et accordent à l'échappée un avantage maximal de 4'55'' enregistré au km 75. L'accélération devient très nette à 80 km de l'arrivée, où les coureurs d'Europcar se joignent également à la poursuite. Le groupe de tête s'approche de la deuxième ascension avec 1'30'' d'écart, mais sa décomposition est déjà entamée. Dès les premières pentes menant au col de Palaquit, Bakelants et Kadri se détachent, sans parvenir à distancer totalement De Marchi, qui revient à leur hauteur et contre-attaque à 58 km de l'arrivée, avec 13 km de montée pour basculer en solitaire. Il y parvient sans s'inquiéter de la menace de Jan Bakelants (chronométré à 1'15''), et plonge avec envie sur Grenoble.

Movistar accélère
Au sprint intermédiaire, l'équipe FDJ.fr prend les commandes du peloton, qui se présente tout de même 3'40'' après De Marchi. L'Italien croit en ses chances en attaquant la montée de Chamrousse, mais son aventure est condamnée par l'accélération des Movistar, et s'achève à 14,5 km de l'arrivée. Le peloton des favoris compte alors 21 coureurs, mais perd à 12,5 km le 2ème du classement général, Richie Porte. Thibaut Pinot accentue la sélection dans la foulée, Konig se détache avec Majka (11km de la ligne) puis Valverde y va de son offensive (10,5 km). Mais c'est l'attaque de Vincenzo Nibali à 7,5 km du sommet qui tranche réellement les débats.

Nibali en solo
Le Maillot Jaune reprend Konig et Majka, puis les dépose en entrant dans les 3 derniers kilomètres. Derrière lui, se jouent les places sur le podium provisoire. Valverde, 4ème de l'étape sur laquelle Majka et Konig ont conservé leurs 2ème et 3ème positions, perd 50'' sur Nibali, tandis que le match pour le maillot blancs'intensifie avec le rapprochement de Thibaut Pinot, 5ème de l'étape avec seulement 16'' de retard sur Romain Bardet. D'après letour.fr

Crédit photo ASO

Crédit photo ASO
Vincenzo Nibali, vainqueur de l'étape et maillot jaune du Tour : « J'ai beaucoup souffert de la chaleur aujourd'hui. Puis je me suis senti de mieux en mieux en montant. J'ai beaucoup observé mes adversaires. Mon intention, c'était de simplement contrôler le final, mais quand j'ai vu que Richie Porte était en difficulté, ce qui peut arriver à tout le monde avec la chaleur, mon objectif est devenu de gagner des secondes sur Valverde. Je voulais le distancer au classement général. J'ai accéléré pour rejoindre les deux de devant (König et Majka). J'ai cherché à collaborer avec eux parce qu'il restait encore beaucoup de chemin, et j'avais aussi à l'esprit l'étape de demain. Quand j'ai réalisé que Pinot et Valverde revenaient, j'ai haussé le rythme et c'est comme cela que la victoire s'est construite. Mes coéquipiers ont beaucoup travaillé dans la première partie de la course. J'avais ensuite avec moi des coureurs importants comme Kangert et Westra, mais malheureusement Fuglsang est tombé dans la descente qui suivait l'avant-dernière ascension. Mais j'ai quelques nouvelles, et il va bien. Et je suis tout à fait serein sur la qualité de mon équipe. C'est un symbole d'avoir gagné le jour du 100ème anniversaire de la naissance de Gino Bartali, mais c'est aussi celui de la mort de Fabio Casartelli, et je me rappelle très bien de cette tragédie. Donc c'est important d'avoir gagné aujourd'hui. J'ai pris le maillot à pois, mais je pense que Joaquim Rodriguez va le reprendre dans les jours qui viennent. Mon seul but, c'est le Maillot Jaune. Si j'ai l'air si satisfait, c'est parce que je me réjouis d'avoir gagné autant de temps sur Valverde et sur Porte. Je pensais être davantage attaqué. Et en fait, Movistar a haussé le rythme mais nous étions assez loin du sommet. Il y avait de moins en moins de monde dans notre groupe, et la course a tourné à mon avantage. Chacun s'est comporté en fonction de sa position au classement général. Je pense qu'il y aura plus d'attaques demain, sur une étape encore très difficile, ainsi que la semaine prochaine. Mon avance sur Porte est maintenant bonne, et c'est celui qui me faisait le plus peur dans la perspective du contre-la-montre final. »



La réaction de Romain Bardet, 7ème de l’étape et 3e du classement général : « J’ai préféré gérer mon ascension plutôt que d’y aller par à coup quand c’est parti très fort au pied de Chamrousse. Vu les pourcentages il était difficile de sortir les adversaires de l’aspiration. Personne ne voulait rouler avec nous et c’est pour ça que j’ai essayé d’attaquer à la fin. Je suis content d’avoir fini isolé avec Van Garderen et d’avoir pu reprendre du temps sur certains qui m’avaient lâché au pied de l’ascension. Je ne suis pas arrivé sur ce Tour avec la prétention de battre Nibali. Je n’ai que 23 ans et je mesure encore le travail qu’il me reste à faire pour accompagner les Froome, Contador et Nibali. J’essaie juste de m’en rapprocher encore plus chaque année. »

La réaction de Jean-Christophe Péraud, 9ème de l’étape et 6ème du classement général : « Ça a été une journée hyper éprouvante avec une chaleur étouffante. J’ai essayé de rouler un peu avec Romain mais j’avais des crampes, j’étais à bloc (sic). Après, c’était de la survie. Je suis ressorti avec Frank Schelck et nous sommes restés à 100 mètres de Romain avant d’exploser et de se faire reprendre par le groupe Mollema et Van Garderen. C’est dommage parce que j’aurais pu faire un break de quelques secondes sur mes poursuivants. C’était vraiment dur, pas une journée pour moi c’est sûr ! »