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jeudi 17 juillet 2014

TDF #11 : Gallopin, le retour

Au lendemain de la journée de repos, le peloton s'est dirigé vers Oyonnax en chassant un trio d'échappés qui ont vite été contrôlés par les équipes Cannondale et Orica-GreenEdge. Le scénario programmé donnait l'opportunité à Peter Sagan et à Simon Gerrans une victoire d'étape qui leur fait encore défaut cette année. Mais les plans ont été déjoués par l'audace, la force et la hargne de Tony Gallopin, qui a pris une revanche sur la journée cauchemardesque qu'il a passé sur la route de La Planche des Belles Filles, où il a cédé le Maillot Jaune. Sur une double attaque dans le final de l'étape, le Français s'est isolé et a pu garder une infime avance sur un peloton de 34 coureurs. Il remporte sa première étape sur le Tour de France.

Crédit photo ASO

Peter Sagan tente l'échappée
La première tentative d'échappée est lancée au km 2 par Jérémy Roy (FDJ), suivi de Gregory Rast (Trek), et de Jérôme Pineau (IAM), puis Dries Devenyns (Giant). Mais les appétits sont nombreux dans le peloton, qui revient très rapidement à leur contact. Des attaques sont ensuite menées par Sylvain Chavanel en solitaire, puis par Peter Sagan (km 17) sans connaître davantage de succès. En revanche au km 28, dès que le ravitaillement est autorisé dans le peloton, Martin Elmiger (IAM) trouve la faille. Il est accompagné à partir du km 31 par Cyril Lemoine (Cofidis) et Anthony Delaplace (Bretagne).

Cannondale et Orica se placent
Le trio s'éloigne plutôt facilement, mais dès que l'écart atteint 6'45'' (km 46), les équipes Cannondale et Orica Green Edge se portent à l'avant du peloton pour maintenir les échappés à distance raisonnable. Au passage sur la ligne du sprint intermédiaire, dont Peter Sagan se désintéresse, les échappés n'ont plus que 3'50'' d'avance.

Talansky en souffrance
La poursuite s'intensifie dans les dix kilomètres suivants, et la hausse du rythme a comme première conséquence de distancer Andrew Talansky. Souffrant de douleurs au dos, le récent vainqueur du Dauphiné perd du terrain, se retrouve esseulé et envisage l'abandon. Mais une discussion de plusieurs minutes sur le bord de la route avec son directeur sportif Robbie Hunter, le convainc de remonter sur son vélo à 60 kilomètres de l'arrivée.

Elmiger, repris par des contre-attaquants
Les attaquants abordent les 50 derniers kilomètres avec un écart réduit à 2'. Martin Elmiger s'isole dans la première des quatre ascensions au programme, mais subit le retour dans la suivante de deux contre-attaquants, Nicolas Roche et Jan Bakelants. Le groupe s'étoffe encore avec l'arrivée de Jesus Herrada et Cyril Gauthier dans la côte de Désertin, mais l'avance sur le peloton n'est plus que de 35'' (35 km de l'arrivée). Dans ce quinté, Nicolas Roche se montre le plus entreprenant et le plus solide dans la côte d'Echallon, mais il est rejoint dans la plongée sur Oyonnax par un morceau de peloton emmené par Tony Martin.

Attaque en deux temps de Gallopin
Tony Gallopin profite à son tour d'une courte ascension pour tenter sa chance (13,5 km de l'arrivée), et entame la descente sur Oyonnax avec une dizaine de secondes d'avance sur un trio Sagan-Rogers-Kwiatkowski, qui le reprend à l'entrée dans les 5 derniers kilomètres. Mais l'ancien porteur du Maillot Jaune place une nouvelle accélération à 2,5 kilomètres du but et profite d'un court moment d'hésitation de ses poursuivants. Sous la Flamme Rouge, il n'a que 8'' d'avance sur le peloton, auquel il résiste pour une poignée de mètres sur la ligne d'arrivée. D'après Letour.fr

Crédit photo ASO

Vainqueur de l'étape d'Oyonnax, Tony Gallopin nous livre ses impressions. « C'est un rêve. Il y a trois jours, je prenais le Maillot Jaune et je vivais un des plus beaux moments de ma vie. Le lendemain c'était le cauchemar et je le perdais, et maintenant je gagne une étape du Tour. Je ne pensais pas avoir une chance de gagner ce matin, mais pendant la journée je suis resté tranquillement dans le peloton, puis les sensations ont été meilleures. Mes coéquipiers m'ont dit qu'ils allaient m'aider pour me mettre en bonne position, et j'ai commencé à me dire qu'il y avait quelque chose à tenter sur ce parcours que je connaissais. Je dois remercier ma famille, parce que je suis venu m'entraîner dans la région, et mon père m'avait proposé de venir reconnaître cette étape. Je tournais autour de cette victoire d'étape, à Sheffield d'abord, et ensuite j'ai pris d'autres places. Cette fois-ci, je me suis dit qu'il ne fallait pas tarder à attaquer, j'ai tenté ma chance dans cette petite montée qui n'était pas classée mais que je connaissais. Quand j'ai vu revenir les trois sur moi (Sagan, Kwiatkowski, Rogers), je savais que je n'avais aucune chance au sprint contre eux. Très souvent j'ai tendance à trop attendre, mais cette fois-ci je me suis lancé. J'ai pris une toute petite marge, et ensuite je me suis dit ‘vas-y, vas-y'. Incroyable ! »